Ce jour qui a changé ma vie…

Des épreuves, j’en ai surmonté… comme tout le monde.

Des affreuses, des tristes, des déstabilisantes, des joyeuses, des risquées… Mais celle-ci, aussi inattendue que grave, je ne l’ai pas vu comme telle… Je me suis dit « ça va passer ». Je la pensais réellement sans conséquence, parce que les difficultés qui en découlaient « sautaient » une par une…

Avant tout le problème devenait financier, puis ça c’est arrangé!

Le problème devint réellement physique, puis ça c’est arrangé!

Le problème fût administratif, puis ça c’est arrangé!

Le problème fût public, puis les gens ont oublié…

Et moi au milieu de tout ça, je n’ai rien dit, je n’ai rien fait… J’ai rassuré les gens sur mon état. J’ai laissé faire en attendant d’aller mieux.

Cette épreuve, je l’ai vécu le 4 novembre 2016, à 12h37 exactement. Ce vendredi où je suis sortie du bureau pour aller chercher à manger -fait classique pour un vendredi-. Sauf qu’à la sortie de cette petite côte, un van jaune n’était pas sur sa voie… Il n’avait rien à faire là, j’ai freiné bien sûr… Je suis allée dans le bas-côté, mais il m’y a suivi… Nous nous sommes littéralement stoppés net, mon scenic contre son van… Je suis sortie… sonnée… j’ai pesté d’un « ça va pas la tête! ». Je ne réalisais pas cette scène improbable… La voiture que ce van doublait ne s’est pas arrêtée, les 2 suivantes oui! Ils ont vu toute la scène. J’ai eu le droit à « Mais ce mec est malade ». Puis une personne est sortie du van, une 2ème… 5 hommes! Au vu du nombre de personnes, je suis allée les voir pour leur demander si tout le monde était sorti.. Pas de réponse, « Il n’y a plus personne? Dedans? ». Aucun n’était français, aucun ne parlait français…

Puis tout s’est enchaîné. J’ai appelé mon père « Ne t’inquiète pas JE VAIS BIEN, mais j’ai eu un accident », l’homme qui c’était arrêté a appelé les secours et m’a « soutenue… J’ai regardé ma voiture, posé machinalement un triangle qui ne servait à rien, j’ai vu ces hommes apeurés, assommés, dont l’un s’allongea par terre… Mais tout le monde allait bien! C’était spectaculaire, miraculeux… Puis ma mère est arrivée, hôpital, contrôle… Tout allait bien.

Puis en suivi une semaine de vide. Je ne sais plus ce qui s’est passé. J’étais un zombie, dans tous les sens du terme. Absente, vide, fatiguée, épuisée, j’avais mal absolument partout. MAIS j’allais bien!

Le lendemain de l’accident, j’ai maintenu tout ce que j’avais prévu: je suis allée faire mon tatouage (douleur pour douleur!) et j’ai animé le loto, comme prévu. J’ai été arrêté 10 jours! Ce n’était pas de trop! La médecin a mesuré toutes mes plaies et m’a dit: « si vous avez du mal à dormir ou que psychologiquement ça ne va pas, revenez! » Mais j’allais bien. Je remerciais chaque jour mon frère de m’avoir une nouvelle fois sauvé.

Puis je suis sortie de ma coquille et les gens ont commencé à parler! A les entendre TOUT le monde a vu l’accident! De près ou de loin, tout le monde a demandé qui c’était, comment ça c’était passé! J’en parlais volontiers, en rigolant tant la scène était irréaliste. Je peux le dire: Je suis la femme qui arrête un van rempli de roumains de pleine face!

Mais les gens ont commencé à me dire: « Tu es sûr que ça va…? », « Tu vas voir le contre-coup va être horrible »… « blablabla ». Des gens qui n’ont JAMAIS vécu ça me donnait des conseils. Je les regardais, souriante, et je les laissais dire! Je m’en fous… Je suis invincible jusqu’à ce qu’on me prouve le contraire (le plus tard possible SVP).

A partir de ce moment, j’ai arrêté d’écouter les gens. Je les ai laissé me plaindre et spéculer: « si tu avais eu tes enfants », « si ça n’avait pas été le scenic »… et si si … Oui mais j’étais seule et j’avais le scenic et je ne suis pas partie à l’heure du travail et j’ai rencontré ce van. C’est comme ça! ET le plus important: Je suis en vie! Je suis là… JE VAIS BIEN!

J’ai eu mal au dos, longtemps! Puis un petit coup d’ostéo et c’était reparti… J’ai quelques appréhensions quand je repasse à cet endroit, j’ai peur dans une voiture plus petite qu’un scenic et depuis 2 jours (soit 3 mois après) je fais des cauchemars! MAIS JE VAIS BIEN…

Ce qui a changé: je ne « célèbre » plus la mort comme avant… a être triste qu’Ils ne soient plus là. Je les sais avec moi et « l’avantage »: Ils le seront pour toujours -d’autant plus qu’ils sont gravés en mois désormais-! Et je refuse d’entendre des gens parler pour moi!

J’ai décidé de tout prendre « comme ça vient » et surtout je veux informer au maximum des risques autour de la sécurité routière… ma petite pierre à l’édifice! Parce que ça n’arrive pas qu’aux autres! Parce que j’ai été les autres 3 fois! 3 accidents graves dans lesquels je suis sortie indemne grâce à mon frère… parce qu’il n’a pas eu cette chance, parce qu’il me protège et veille sur moi! JE VAIS BIEN…

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